Retour sur notre Mat’inno : Nouveaux transports innovants et accès à l'alimentation

Retour sur notre Mat’inno : Nouveaux transports innovants et accès à l'alimentation

Catégories

Formation & Recherche
  • Social & Culturel

Retour sur notre Mat’inno : Nouveaux transports innovants et accès à l'alimentation

Publié le:
7 novembre 2019
Date de l'événement:
Jeudi, 7 novembre, 2019 (Jour entier)

>> Voir les photos de l'événement.

Les innovations dans le domaine de la mobilité peuvent révolutionner l’accessibilité et la sécurité alimentaire. Les panélistes du petit-déjeuner-conférence Mat’inno du 7 novembre dernier ont su démontrer par plus d’un exemple que de nouveaux types de transports innovants ont des répercussions positives sur l’amélioration du quotidien des citoyens et de leur santé.

Victor Poudelet.Au centre des présentations, il a été question à plus d’une reprise de l’enjeu des déserts alimentaires qui touchent autant la métropole que les régions plus éloignées du Québec. Pour démontrer l’ampleur du problème, l’animateur du panel Victor Poudelet, Directeur, Chantiers et communauté chez Propulsion Québec, a mis la table en soulignant des données inquiétantes: seulement sur l'île de Montréal, un résident sur deux habite à plus de 500 mètres de marche d'une source d'alimentation saine, de qualité et abordable. Dans ce contexte, la mobilité devient un enjeu crucial pour assurer à l'ensemble de la population une alimentation acceptable.

Le professeur au département d’études urbaines et touristiques de l’ESG-UQAM, Ugo Lachapelle, a rappelé qu’une grande portion de la population utilise l’automobile pour faire leur épicerie, soit parce qu'ils ont une famille nombreuse ou parce qu'ils habitent en dehors des grands centres. Dans l’optique de permettre un accès alimentaire aux populations plus vulnérables ou défavorisées, de réduire l’impact environnemental ou d’obtenir une meilleure gestion de son temps, le spécialiste en mobilité a pointé qu’il s’avère essentiel de réduire les distances entre le consommateur et les aliments ou de carrément changer les moyens de transport disponibles. « Quelle que soit la tendance, il faut se demander quels seront les impacts sur la société, sur l’individu et sur l’environnement des types de transports que nous priorisons dans un monde aux changements rapides », évoque le chercheur principal du programme de recherche NOMAAD (Nouvelle Organisation de la Mobilité par l’Accès à l’Alimentation Dématérialisé).

Parmi les pistes de solutions, le projet pilote de navette autonome sociale et alimentaire développé par le Quartier de l'innovation en partenariat avec le département d'études urbaines de l’ESG-UQAM a été mis de l’avant. Une navette autonome est un minibus sans chauffeur, guidé par une intelligence artificielle composée de capteurs, de radars et de GPS. Elle permet de déplacer 10 à 15 personnes à une vitesse allant jusqu’à 30 km, ce qui constitue la vitesse moyenne de déplacement dans un centre urbain. Elle a une accessibilité universelle, elle est gratuite et son niveau de sécurité est très élevé comparativement à un système de transport classique dirigé par un humain. 

Le candidat à la maîtrise en études urbaines Benjamin Docquiere se charge du volet social du projet. Ce deuxième invité a développé sur la pertinence d’une navette autonome en ville. « En plus de participer à un cadre de vie de type apaisé en limitant la pollution sonore et les gaz à effets de serre dans un quartier à vocation résidentielle, la navette autonome vise à rétablir la mobilité des populations vulnérables (y compris les populations en perte d'autonomie), à briser l’isolement social en favorisant un maintien à domicile et à sécuriser l’alimentation dans ces trois dimensions, soit l’accès géographique aux sources alimentaires, l’accès au soutien social et l’accès aux organismes de soutien économique. »

Consacrant son étude sur le territoire de la Petite-Bourgogne, Benjamin Docquière y a dénoté une carence de mobilité pour les habitants. Même si la STM y déploie un ensemble de lignes d’autobus, elles sont structurantes à l’échelle du quartier, mais pas à l’échelle du dernier kilomètre. Dans ce contexte, la navette autonome devient une solution des plus pertinentes pour désenclaver le territoire.

Dans le cas de ce projet de navette autonome dans la Petite-Bourgogne, l’initiative a été rendue possible grâce à la collaboration entre le secteur universitaire, privé et public. De tels partenariats étant des vecteurs de succès, Marie-Hélène Cloutier la Vice-Présidente expérience client, marketing et commercialisation de Keolis, a développé sur la réflexion sociétale autour de telles collaborations. 

« Depuis la 4e révolution en transport, plusieurs éléments ont structuré les territoires et les besoins en mobilité ont augmenté. Les villes sont maintenant soumises à des pressions économiques, sociales et écologiques. L’économie de partage et les transformations numériques façonnent les moyens de transport. » La femme d’affaires précise que les passagers désirent dorénavant une expérience personnalisée, adaptée selon leurs habitudes de vie. Tout cela alimente une nouvelle vision de la mobilité : électrique, connectée, autonome et partagée.

Keolis a donc voulu repenser sa mission dans l’optique de contribuer à la vitalité des territoires et d'être centré sur les utilisateurs au quotidien. La navette autonome 100% électrique présentée à Candiac l’année dernière démontre leur compréhension que, socialement, le transport doit changer. Le projet en partenariat avec le Quartier de l’innovation vise à dynamiser le territoire et servir de test pour contrer les déserts alimentaires. L’enjeu principal dans ce genre de projet peut être l’aspect financier. Dans le cas de la navette autonome, Keolis a calculé que l’apprentissage technologique et les retombées sur les collectivités en valaient l’investissement.

À long terme, le projet de navette autonome vise à s’inscrire dans une offre multimodale de transport qui permettra de diversifier les propositions alimentaires accessibles. Puisque la dimension de l’alimentation et de la mobilité en ville ne doit pas être vue en silo, mais comme un système complet, c’est par la force de partenariats entre différents secteurs que les innovations en transport telle la navette autonome atteindront leur plein potentiel. 

 


Les conférences Mat’inno sont le résultat de la collaboration entre le Quartier de l'innovation de Montréal et la Jeune Chambre de commerce de Montréal - JCCM. Ces rendez-vous mensuels ont comme objectif d’initier et stimuler le maillage et le partage des savoirs entre universités, entreprises et citoyens, permettant la mise en oeuvre de projets structurants pour la société. Ils sont rendus possibles grâce au soutien de Bombardier. 

Le 23 janvier 2020, ne manquez pas le troisième Mat’inno de la saison 2019-2020 qui portera sur les défis et nouvelles technologies du transport sur rail.

>> Pour en savoir davantage sur nos événements Mat'inno << 


Les Mat’inno ont reçu le Coup de cœur du Jury pour le Prix Activité de l’année au Gala Les Grands prix de la relève d’affaires du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec en 2016.

Organisé par

     

Soutenu par